Petit retour sur la conférence de Céline Alvarez

Samedi, je vous avais annoncé ma présence à la conférence de Céline Alvarez au PMC de Strasbourg. 
Il était plaisant de voir tant d'enseignants présents qui se rendent compte que le système actuel présente bien des failles et s'intéressent à ce discours... novateur..?

 

Madame Alvarez a évoqué samedi, 4 lois fondamentales dont :

- l'envie : si l'enfant n'est pas motivé, il ne retiendra pas. Il est donc primordial de soutenir l'élan d'apprendre quand il se manifeste. C'est la condition pour que l'enfant s'approprie les connaissances facilement. Sans cette condition il n'apprendra pas.

- l'erreur : parce que ce n'est qu'en faisant des erreurs qu'on apprend. Il est donc temps de valoriser l'erreur plus que la réussite!

- la gestion du stress : un enfant qui est dans un environnement stressant de peut pas apprendre. Le stress enraye le fonctionnement du cerveau. Il convient donc d'apprendre à l'enfant à gérer ses émotions et construire un système qui protège du stress.

- l'empathie : il s'agit de s'accueillir les uns et les autres. Elle explique que le lien social est un puissant catalyseur cognitif. C'est l'attitude empathique des adultes qui conditionne la réussite éducative !

 

Et bien, je dois bien avouer, que le discours de madame Alvarez (et elle le dit elle-même) n'est pas une nouveauté si ce n'est pour l'apport des neurosciences. Elle se base sur les travaux de Decroly, de Montessori, Freinet et tant d'autres... Elle explique que ces pédagogies ne sont pas alternatives : elles sont fondamentales puisque les neurosciences démontrent que c'est comme ça qu'on apprend !

Ces travaux, mes collègues éducatrices de jeunes enfants à travers le pays, les ont étudiés. Nous sommes des professionnelles de la petites enfance, nous savons le poids des mots dans le développement de l'enfant, nous savons les grandes étapes qu'il ne faut pas manquer. Alors pourquoi sommes-nous dans un système qui dispose de la formation, qui dispose des professionnels compétents et qui ne fait pas l'effort tout simple de confier les classes d'âge de maternelles à celles et ceux qui sont formés et qui ont les compétences?

Le clivage entre éducation et enseignement semble s'effondrer, et je m'en félicite. Mais allons plus loin. Utilisons ce dont nous disposons...

 

J'ai rencontré des enseignants, qui sont investis, qui recherchent, qui élaborent leurs propres outils. OUF! mais pour combien qui stoppent les enfants dans leur élan d'apprenant? Combien d'enfants sont abîmés par des mots qui stoppent leur envie, qui les retiennent et qui laissent des traces pour l'intégralité de leur scolarité?

 

Peut-on imaginer étendre les jardins d'enfants à tous les enfants de moins de 6 ans? Peut-on confier ces étapes clés à des professionnels formés au delà de la bonne volonté des uns et des autres. Peut-on arrêter de casser l'envie d'apprendre de tant d'enfants?

Bref, j'ai été frustrée par cette conférence. C'est une chose de dire qu'il faut éviter de casser l'envie d'apprendre de nos enfants. S'en est une autre que de trouver des solutions pour réussir, en tant que parents ou même enseignants, à la faire renaître cette flamme, à la réanimer pour à nouveau la voir briller dans les yeux de nos enfants. Ce sera mon objectif que d'apporter des réponses à cette question. J'ai des pistes, j'élabore ça petit à petit...

 

Et par dessus tout : dites à vos enfants que le système actuel, vous n'êtes pas d'accord avec mais que vous n'avez pas le choix. Que pour le moment il est comme ça et qu'il convient de s'en accommoder. Dites leur bien que vous serez là pour palier aux manques ressentis, et aux blessures vécues à l'école. Il faut que vos enfants continuent à avoir confiance en vous... Et que vous soyez leur port d'attache...

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