Le harcèlement à l'école

Le harcèlement scolaire

Quelques chiffres :

 

700 600 élèves sont concernés chaque année entre le CE2 et le lycée. 

Cela représente 9% des enfants scolarisés

61% d'entre eux disent avoir des pensées suicidaires

22% d'entre eux n'en parlent à personne. 

On peut donc aisément imaginer que le nombre total d'enfants victimes de harcèlement moral à l'école est bien plus élevé que cela encore.

 


Pourquoi le silence ?

Comme dit précédemment, bon nombre d'enfants ne vont pas parler, ne vont pas solliciter les adultes et ce quels qu'ils soient. Ni les parents, ni l'équipe pédagogique seront spontanément sollicités par l'enfant. 
Le phénomène de harcèlement conduit la victime très rapidement dans une méfiance de l'autre et une honte telle, qu'elle n'osera plus rompre le silence. La culpabilité, les phrases parfois entendues telles que "il faut que tu apprennes à te défendre" ou tout simplement les menaces sont autant d'éléments qui viennent empêcher la parole. 

C'est le cas dans tous les phénomènes de harcèlement. Difficile pour la victime de se rendre compte que ce qu'elle vit est inacceptable. Les harceleurs utilisent parfois toute leur énergie pour passer pour les plus drôles, les plus populaires, les plus sympas et s'attirent la sympathie de l'entourage de leur victime. Les autres aussi prennent leurs distances. Témoins des victimations dont leur copain est la cible, ils finissent par s'en éloigner de peur d'être une cible à leur tour et l'isolement se renforce. 

 

Des signes à repérer :

L'enfant victime va alors s'exprimer de façon détournée et il faut une bonne connaissance des signes à repérer pour y être attentifs. 

Il convient de repérer tous les changements de comportements même les plus subtils.

Cette liste ci-dessous est bien évidemment non exhaustive mais elle vous permettra d'avoir une première lecture éclairante : 

Son comportement

Il s’endort facilement

mais il se réveille

Il fait des cauchemars

Il a peur d’aller se coucher

Il ne dort plus

Il ne veut plus aller à l'école

Ses résultats baissent

Il oublie tout

Il part systématiquement en retard

 

Sa santé

Il a mal au ventre

Il a des problèmes de peau

Il lui arrive de faire pipi au lit

Il a des bleus

Il a des blessures

Il a des problèmes de cheveux

Il se ronge les ongles

Il se fait souvent mal

Il a perdu l’appétit

Au contraire Il a très faim

Il a changé son alimentation

Il tombe plus souvent

Il est plus souvent malade 

Il se blesse plus souvent          

Ses émotions

Il pleure

Il angoisse

Il est triste 

Vous ne le reconnaissez plus

Il ne parle plus 

Il se sent tout seul

Il ne voit plus ses amis

Il préfère la solitude

Il ne supporte plus d’être seul

Il n’a plus envie de voir ses amis


Que faire ?

Dans un premier temps, il convient de parler à votre enfant. Il s'agit de lui faire entendre que vous vous inquiétez pour lui et que vous pouvez l'aider à sortir de cette situation. Surtout ne pas minimiser, cela risquerait de lui faire perdre totalement confiance. 

 

Il faut lui reconnaître sa place de victime et lui signifier très clairement que vous allez le défendre. 

Essayez de favoriser son expression, sans jugement, sans vous fâcher ou vous énerver. Si cela est trop douloureux pour vous, expliquez lui que cela vous peine et prenez un peu de hauteur. 

Une fois que la parole de votre enfant se libère, écrivez à l'établissement ou demandez un rendez-vous urgent. Si la réponse de l'établissement n'est pas rapide, rien ne vous empêche de recueillir les témoignages d'autres parents d'enfants qui sont témoins. N'essayez surtout pas d'aller à la rencontre des enfants harceleurs. Vous risqueriez d'aggraver la situation.

 

 

Il existe un numéro vert de l'éducation nationale. Il faut savoir que la lutte contre le harcèlement scolaire est devenue une cause nationale. Vous trouverez beaucoup de renseignements sur le site :  http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ ou en appelant le 3020.

 

Lorsque des faits graves (atteinte à l'image, diffusion sur internet, violences physiques...) sont commis, il convient d'aller déposer plainte à la gendarmerie ou au commissariat. Cela aura pour effet d'obliger l'établissement à prendre des mesures, mais par dessus tout, cela donnera à votre enfant la place de victime à laquelle il a droit. Il apprendra ainsi que lorsqu'on est victime de violence, de harcèlement moral, on a le droit de recourir à la loi. 

 

 

Et surtout, n'hésitez pas à aller voir un médecin ou un psychologue, à prendre contact avec des associations telles que ACVH qui proposent des accompagnement dans ce type d'épreuves et qui organisent des groupes de paroles pour les victimes et pour leurs parents. 

Pourquoi un tiers ?

Il est primordiale de faire appel à un tiers. Par le biais d'une association, du conseil d'un avocat, d'amis ou de médiateur... En effet, lorsque son enfant est pris pour cible, il n'est plus possible de faire preuve de discernement. On ne pense plus, on n'élabore plus. Seule compte la solution la plus rapide pour le sortir de là.

 

On en oublie les procédures, les droits et nos devoirs et le risque de dérapage est grand. 
Et puis parfois, lorsque c'est trop douloureux, cela peut venir réveiller des douleurs anciennes. Car il faut bien reconnaître que ce phénomène n'est pas récent. Il est peut-être un peu plus violent, et surtout, il continue, par le biais des réseaux sociaux. Et ça, c'est nouveau... 

Dans un prochain article, je reviendrai sur ce sujet mais cette-fois du côté des auteurs...

Écrire commentaire

Commentaires: 0