La coéducation

Qu'est-ce que la coéducation?

On en entend parler dans les établissements scolaires et c'est une bonne chose mais de quoi parle-t-on en réalité? 

Je vais m'appuyer sur les propos de Monsieur Jean Epstein pour aborder cette question là mais je sais qu'il ne m'en voudra pas. 

La coéducation c'est l'éducation partagée entre la famille et les professionnels. 
Cela peut être des professionnels de l'éducation nationale, de l'animation, de la petite enfance, de rééducation...

On parle beaucoup de coéducation lorsque l'on évoque le climat scolaire. Elle est un formidable outil. Mais pour bien la comprendre, un petit retour en arrière est nécessaire. 

Petit retour en arrière :

Pendant longtemps, la priorité était d'offrir aux enfants un cadre sain. Les familles étaient ignorées, évitées, tenues à distance. On cherchait même plutôt à protéger les enfants des carences parentales. 
L'institution scolaire prend sa source à cet endroit. Les parents étaient considérés comme incapables (leur niveau d'instruction étant parfois bien faible) et l'instruction publique est apparue pour laisser la place en 1932 à l'éducation nationale. 
L'objectif était de former, d'élever les enfants et pendant longtemps, les parents confiaient leurs enfants à l'institution pleins d'espoirs qu'ils étaient de voir leur enfant embrasser une carrière plus attrayante que la leur. 

Et aujourd'hui ?

Actuellement, l'école n'a plus cette légitimité d'antan. Les parents sont devenus méfiants, ils ne considèrent plus l'enseignant comme un sachant et la relation de confiance fait malheureusement parfois défaut. 
Ce manque de confiance prend sa source à bien des endroits : 

  • un vécu malheureux du parent avec des enseignants.
  • la médiatisation de certaines affaires. 
  • l'ouverture à une connaissance très accessible par le biais d'internet.
  • certains discours parfois dévalorisants sur les enseignants qui imprègnent l'esprit des parents. 

Il en résulte un profond changement des relations entre les professionnels de l'éducation (et pas que nationale) et les parents. 

Mais alors, de quoi parle-t-on quand on évoque la coéducation ?

Selon Jean Epstein, la coéducation se joue entre parents et professionnels mais aussi entre professionnels. 

La coéducation doit être basée sur les besoins de l’enfant et non sur les attentes des parents. 
La coéducation induit de la coopération et du partenariat. 

 

Mais la coopération et le partenariat supposent des intérêts communs, une égalité de statut, un partage des tâches… Et ce n’est pas si facile.

 

La coéducation est donc une éducation où tous les acteurs se considèrent comme des partenaires et coopèrent dans l'intérêt de l'enfant. Il n'y a pas de statut particulier en coéducation, parents et professionnels sont donc égaux et s'appliquent à se partager les tâches qui concourent à l'éducation de l'enfant. 


Vaste programme donc ! Mais quoi de mieux au final ? 
Cela revient à avoir un objectif général : éduquer l'enfant. Autrement dit, faire grandir l'enfant ! L'élever ! 

Et cela devient la tâche de chacun. Fini les parents qui s'insurgent que leur enfant n'ait pas appris telle chose à l'école, et les enseignants qui critiquent les parents parce qu'ils feraient mieux d'apprendre à leur enfant à dire merci plutôt qu'à compter. 

 

La coéducation rend chacun responsable, chacun est acteur de l'éducation de l'enfant. C'est un partenariat et l'éducation est un si vaste défi qu'il est heureux que l'on puisse être plusieurs à le relever. L'enfant ne peut pas avoir qu'un seul interlocuteur. Il a besoin de se confronter à divers regards, divers attitudes et diverses ressources. 

 

Que va-t-elle permettre?

La coéducation va changer la façon dont on voit les choses.

En France, nous sommes trop souvent dans une logique de manque. Dans chaque situation nous nous appliquons à trouver de ce qui fera défaut. En éducation, cela suppose souvent de faire à la place de l'autre. C’est l’opposé de la coéducation.  
(Par exemple, si l'enfant ne sait pas bien faire ses lacets, nous allons considérer qu'ils ne vont pas tenir et que l'enfant risque de tomber. Du coup, on les fait à sa place.)

 

Il convient d'être d’avantage dans une logique de compétences. Cela suppose de faire avec l’autre. C’est la base de la coéducation. Faire avec son collègue, faire avec les parents, faire avec l'enfant. Qu'il y ait une réelle cohésion et coopération.

(Dans l'exemple, tant pis si les lacets ne tiennent pas, l'enfant reprendra le temps de les refaire au moment voulu et il apprendra. La confiance étant présente entre les différents acteurs, nous saurons l'enfant en sécurité et lui laisserons l'opportunité de développer une nouvelle compétence.)

 

C'est en étant nous, adultes, dans la coéducation, que nous permettrons à l'enfant d'être dans la compétence et dans la coopération avec ses paires. C'est en étant dans la coéducation, que l'ambiance scolaire va s'améliorer.


Coéduquer ne veut pas dire mettre l'enfant au centre de tout. 

Chacun des acteurs de la coéducation constituent le centre : l'enfant, les parents et les professionnels. Et chacun d'eux vont pouvoir tour à tour s'appuyer sur leurs compétences, leurs besoins et être attentifs à leur bien-être. 

C'est cela la coéducation.


Chaque individu a des besoins physiologiques, de sécurité, d'amour, d'estime et de réalisation de soi.

Chaque individu a des compétences spécifiques et complémentaires qui, lorsqu'elles sont reconnues sont sources d'une grande richesse.

Chaque individu cherche à être-bien et tendra à favoriser cet état. 

 

Une fois que ces trois piliers seront intégrés et que chacun respectera les trois piliers de l'autre on sera dans la coéducation. 

Et cela s'apprend tout petit déjà. 


C'est un enjeu de taille. Et souvenez-vous : 

Sortez de la logique de manque.

Soyez optimistes et voyez les compétences. 

Et vous serez un coéducateur sur lequel l'enfant pourra s'appuyer pour s'élever.

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